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7- Le disque 78 tours :

Les disques (dont l’âge d’or était 1920-1950) tournant à 78 tours par minute avaient généralement un diamètre de 25 cm (environ 3 minutes d’enregistrement) ou 30 cm (environ 5 minutes d’enregistrement) et contenaient une chanson par face. Parfois seule une face était utilisée. Les 78 tours furent les remplaçants du cylindre. On distingue le disque 78 tours à aiguille ou à gravure latérale et le disque 78 tours à saphir ou à gravure verticale. Leur fabrication a cessé dans les années 1950 lorsqu’ils ont été supplantés par les disques microsillons. Ils sont aujourd’hui recherchés par les collectionneurs.

Composition du support.

Les tous premiers disques pouvaient être composés de différentes matières, y compris le caoutchouc rigide. À partir de 1897, ces matériaux ont été largement remplacés par du « shellac » (une substance obtenue à partir de la sécrétion d’un insecte de l’Asie du Sud-Est), de l’ardoise en poudre, un tout petit peu de lubrifiant de cire et une base de composé en coton proche du papier de Manille. La production de disques Shellac a commencé en 1898 à Hanovre en Allemagne. Quelques disques « incassables » (fabriqués en celluloïd, une sorte de matière plastique) ont été pressés à partir de 1904 mais ils avaient pour inconvénient majeur de provoquer un bruit de surface important à la lecture. Ces disques « incassables » pouvaient plier, casser ou être maltraités de différentes façons mais étaient tout de même plus robustes que les disques Shellac.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Shellac n’était produit qu’en quantité extrêmement limitée, ce qui a conduit les fabricants de 78 tours à produire ces derniers en vinyl. Ils existaient en 25 cm pour le marché intérieur et en 30 cm pour la distribution aux soldats américains en mission.

Vitesse de lecture et durée de l'enregistrement


La mention « 78 tours » doit être plutôt comprise comme un terme générique plus que littéralement car ces disques pouvaient en fait être enregistrés à des vitesses allant de 66 à 103 tours par minute en fonction de la durée d’enregistrement désirée. Il est vrai que la vitesse 78 tours était largement la plus répandue. Il faut ajouter que la vitesse réelle d’enregistrement était rarement mentionnée sur l’étiquette du disque. De plus, mais c’est un détail, la vitesse de 78 tours par minute n’est qu’une approximation, car elle est le résultat d’un calcul qui fait intervenir la vitesse du moteur (souvent mécanique) du phonographe et la fréquence du courant électrique dans le studio d'enregistrement. Cette dernière étant de 50 Hz en Europe et 60 Hz en Amérique, la vitesse de rotation des disques sur ces deux continents n’est donc pas exactement identique à quelques dixièmes de tour près.

Quand le disque tournait à 78 tours, comme la majorité d’entre eux, la durée de l’enregistrement par face atteignait trois minutes environ. Comme indiqué plus haut, si le besoin s’en faisait sentir (une chanson plus longue), on pouvait allonger cette durée en réduisant la vitesse de rotation du disque pendant l’enregistrement. Le résultat était un glissement du son vers les graves. Tous les phonographes de bonne qualité disposaient d'un règlage fin de vitesse utilisant un régulateur à patin utilisant un pantographe similaire à celui du régulateur à boules de Watt.

Le ressort des phonographes était calculé pour permettre au minimum la lecture d'une face de disque (cinq minutes donc), après quoi il fallait le remonter avec une manivelle. L'art du fabricant consistait entre autres à fabriquer des moteurs mécaniques parfaitement silencieux.



Aiguilles.

Deux types d'aiguilles étaient utilisées pour lire les disques 78 tours : celles en bambou qu'il était recommandé de changer après chaque disque et les métalliques que l'on pouvait conserver pour écouter plusieurs disques du suite, bien que les notices recommandent pour une qualité optimale de ne les utiliser qu'une fois. Ces aiguilles étaient vendues par boites de 50 ou 100 et le mécanisme les fixant à la tête le lecture permettait même à un enfant les changer avec facilité.

Force d'appui du bras de lecture.

Beaucoup de disques 78 tours de collection ont été abîmés par la lecture sur des phonographes d’époque en raison d’une force d’appui du bras de lecture de l’appareil trop importante sur le disque. En effet, si la force d’appui a été considérée comme un paramètre important par les ingénieurs ayant conçu les platines de disque vinyl, il n’en était pas du tout de même en ce qui concerne les phonographes. Au début du XX siècle, les constructeurs d’appareils négligeaient totalement la prise en compte de la force d’appui du bras sur le disque pour une lecture de qualité : le bras n’était conçu qu’en fonction de paramètres esthétiques. Tout ce qui importait, c’était de faire joli. En conséquence, beaucoup de disques ont été « labourés » plutôt que lus par les phonographes équipés de bras de lecture trop lourds.

Une erreur répandue est de chercher à lire un disque 78 tours avec une cellule magnétique, qui est optimisée pour la qualité du microsillon et donnera trop d'aigus comme de bruit de fond (même si les plus anciennes acceptent des aiguilles doubles : microsillon d'un côté, 78 tours de l'autre). Les meilleurs résultats - en particulier si l'on désire en transférer le contenu sur un support numérique - sont les cellules piézo, seules aptes à accepter la pression plus grande indispensable à la bonne lecture des 78 tours.


5- Histoire du disque vinyle :

Au début on se servait que du cylindre en cire pour enregistrer le son sur une spire hélicoïdale parcourant le cylindre sur toute sa longueur .




Il faut noter que l'enregistrement du sillon était fait en profondeur. L'héritier vers 1904 fut le disque plat à saphir qui faisait comme le cylindre mais diffusait dans un confortable pavillon exponentiel. Du fait de l'enregistrement en profondeur il est indispensable de prévoir une épaisseur de matière gravée assez considérable. Or cette matière est fragile et la solidité du disque s'en ressent. Du fait de la profondeur des sillons, le saphir est de forme sphérique et s'encastre dans le sillon. Le saphir monte et descend sur le sillon au rythme du son enregistré. La surface de contact est très importante d'où un fort bruit de fond. En raison de ces défauts on a songé à modifier la technique d'enregistrement et c'est ainsi qu'est né le disque plat à enregistrement latéral.




Des normes de fabrication furent fixées et l'on aboutit ainsi au classique disque 78 tours par minute qui était sans concurrent avant 1939. La durée d'audition était de 5 minutes maximum pour un 30 cm. Le bruit de frottement qui était moindre que l'enregistrement en profondeur restait quand même assez fort et il était illusoire d'essayer d'en tirer des sons d'une fréquence supérieure à 5000 Hertz .

La première amélioration porta sur la matière qui avait trop de "grain" et donnait ce bruit de fond. Les recherches sur les résines synthétiques aboutirent enfin à éloigner le bruit de fond sur le spectre inaudible ouvrant la porte aux enregistrements de qualité d'où le nom de 78 tours à "Haute Fidélité". Il restait le temps d'audition trop court, transformant la moindre symphonie en histoire musicale à épisode de 3 à 5 minutes .

La qualité de la résine est telle qu'en 1939 elle va permettre de réduire la vitesse de rotation du disque et de passer de 78 à 33 tours 1/2 sans pour cela entendre la fréquence du bruit de frottement qui reste dans le spectre inaudible.

De plus on tasse les sillons car la résine tient bien, pour obtenir le fameux disque "micro-sillon". L'audition est portée de 5 à 26 minutes en Haute Fidélité.